Kébecson présente McIntosh & Canton

Lecteur CD/SACD, préamplificateur, amplificateur MCINTOSH
Enceintes acoustiques CANTON Vento Reference 1 DC

Amateur à l'écoute

Esthétisme
Cette chaîne allie l’esthétique classique, un peu nostalgique, de McIntosh à celle « tendance » de Canton.

La compagnie McIntosh a un passé légendaire et son image reflète prestige et luxe. On ne peut pas se tromper lorsque l’on voit l’un de ses appareils, au look immuable depuis la fin des années 60 , avec sa façade de verre rétro-éclairée et ses immenses VU mètres soulignés par des boutons noirs chromés. L’amplificateur MC-402 est massif avec ses 50 kg et ses 400 watts par canal, peu importe la charge. Il dégage une impression de « puissance ». Le préamplificateur C45 est complet avec ses nombreuses entrées ajustables et même des contrôles de tonalité. Cela pourra sembler anodin, mais ils nous ont permis de faire un ajustement pour équilibrer le couplage des enceintes avec la pièce d’écoute. Le contrôle de volume est une joie à utiliser. Le lecteur CD/SACD MCD201 est fait dans le même moule que les autres composantes de cette firme, c’est-à-dire une excellente qualité de construction.
Les enceintes Canton Vento Reference 1 DC sont imposantes. La finition argentée laquée est superbe. La qualité de construction est de haut niveau. Les membranes des haut-parleurs sont en aluminium auquel s’ajoute le magnésium pour le tweeter. La puissance admissible est de 400 watts en continu !!! Avec 2 haut-parleurs de basse de 12 pouces, 2 transducteurs de moyenne de 7 pouces et un tweeter de 1 pouce, aucun doute, sur papier, elles peuvent jouer très fort.

Écoute
L’audition de cette chaîne s’est faite dans une pièce ornée de larges moulures de chêne, aux dimensions d’environ 12 par 14 pieds. Cette salle représentait bien un salon normal.
La première pièce écoutée : le passage que Guy St-Onge avait enregistré lors de la visite au studio Silence des membres de l’A.M.A. Cet extrait, extrêmement dynamique, joué par un trio de jazz - piano, batterie et contrebasse - est directement transféré du disque dur de la console d’enregistrement au disque compact. Nous avons eu l’occasion de l’auditionner à quelques reprises lors du dernier F.S.I. sur plusieurs chaînes dont quelques une très dispendieuses. A cet égard, la prestation de la chaîne McIntosh / Canton est très impressionnante ; on jurerait qu’une batterie est à quelques pieds de nous. L’impact de la grosse caisse, les différents timbres des tambours et cymbales et l’ampleur de la scène sonore sont à couper le souffle. Sûrement l’une des plus belles reproductions réalisées de cette pièce.
Sur le passage « Gnomus « des Tableaux d’exposition de Moussorsky à l’orgue sur étiquette Dorian, nous avons pu constater l’incroyable aisance de la chaîne à reproduire le registre grave avec ampleur et puissance ; nul besoin d’enceinte de sous-grave ; de plus la perception des différents timbres des tuyaux de l’orgue est très facile, tout comme la majesté de l’instrument. La chaîne possède cette faculté de produire une scène sonore large et profonde, comme si les deux enceintes de stature pourtant imposante pouvaient disparaîtrent par enchantement devant nos yeux. Même le difficile passage « Promises » des Cranberries n’a pu ébranler l’ensemble. Tout restait à sa place et perceptible. D’ailleurs, grâce au VU mètres de l’amplificateur MC-402, nous avons observé la dynamique extrêmement compressée de cet extrait qui se tenait aux alentours des 40 watts pratiquement de façon continue.
Le deuxième mouvement de la suite pour orchestre extraite du « Le lac des cygnes » de Tchaikovsky a mis en lumière un certain recul du spectre sonore dans le médium de la chaîne. Les violons semblaient plus minces qu’à l’habitude mais la grosse caisse était par contre très percutante. Comme les enceintes sont hautes, le transducteur d’aigus est plus haut que le 38 pouces standard et, en outre, il est situé entre deux autres haut-parleurs de 15 cm en configuration dite « D’Appolito » qui réduit la dispersion verticale afin d’éliminer l’interférence du plafond et du plancher. Comme le local d’écoute était un peu petit pour ces enceintes, nous étions donc placés trop près et surtout trop bas vis-à-vis le tweeter, ce qui créait une rotation de phase et avait comme résultat de creuser le médium. Lorsque nous nous redressions pour placer nos oreilles à la hauteur du tweeter, l’équilibre devenait nettement meilleur. Aussi, il serait souhaitable de s’assurer d’être à une certaine distance de ces énormes machines pour obtenir une meilleure intégration des voies médium et aigu et éviter cette rotation de phase, ou alors de choisir le modèle plus petit et moins haut.
Comme nous avions à notre disposition plus de 400 watts par canal de puissance disponible, nous devons avouer que nous avons poussé la sauce plus qu’à l’habitude d’autant plus que les enceintes semblaient capables d’un pouvoir dynamique incroyable et d’un rendu pratiquement sans distorsion. La chaîne avait du «pouvouère» comme qui dirait! On s’est fait dépeigner un peu.
Toutefois nous avons fini par baisser le volume et avons pu constater sur la pièce « Animal » de Francis Cabrel la finesse et la transparence de l’ensemble, avec toujours cette faculté de disparaître et de laisser croire à un évènement réel.
Sur la pièce « Douce Ambiance », album « Duet », de Sylvain Luc & Biréli Lagrène, le son est doux sans trop d’éclat. Le jeu des deux guitaristes est facile à suivre. Nous avons droit à une reproduction assez rapide et les écarts dynamiques sont respectés.
Sur la pièce « Angel » de l’album « Surfacing », la voix de Sarah McLachlan plane littéralement dans la salle d’écoute. Les effets ajoutés sur cet enregistrement sont évidents. La voix de Sarah monte haut sans aucun signe de saturation. L’effet de profondeur et de salle pourrait être plus grand mais les dimensions de la pièce et le positionnement des mastodontes que sont les Canton en sont sûrement la cause.
Les détails sont abondants sur « Miss Sarajevao » de l’album « Song from the last century » de Georges Michael. Les basses sont toujours très solides et abondantes et il faut vraiment faire attention au contrôle de volume, car il est facile de dépasser les limites physiques de la pièce d’écoute. Nous utilisons les contrôles de tonalité afin d’équilibrer le niveau des basses. L’amélioration est évidente.
Avec l’album « Finger Prints » de Larry Cartlton, on dirait presque que cette musique a été faite spécifiquement pour cette chaîne. Il est facile de suivre le jeu du guitariste et le tout est présenté simplement sans aucune agressivité. C’est agréable et on se laisse aller à l’écoute en oubliant de prendre des notes.
L’écoute de la pièce « Heart and Soul » de l’album « Good Friends » de Livingston Taylor nous permet de découvrir qu’il est possible, dans cette configuration de pièce, d’avoir de la profondeur. La voix est très belle même s’il semble y avoir une certaine distance entre l’auditeur et l’artiste. Comme si nous étions à la rangée L plutôt qu’à la rangée D. La présentation est, comme on dit en anglais, « laid back ». Ce n’est pas mauvais en soit, mais nous, nous préférons être un peu plus près de l’artiste et de sa musique.

Conclusion de Sylvain Gagnon
Les appareils McIntosh, bien qu’ils soient pourvus de pratiquement toutes les fonctionnalités possibles, restent extrêmement transparents. Bien des appareils concurrents pourtant d’approche plus puriste, sont loin d’offrir cette musicalité et transparence. Nous avons certainement entendu des chaînes avec une attaque plus franche mais la petite rondeur de l’ensemble est grandement compensée par cette aptitude des électroniques McIntosh à bien rendre les basses et surtout à les laisser se faire entendre et surtout ressentir. Certains amplificateurs semblent trop retenir les basses ce qui fait qu’elles passent presque inaperçues, ce n’est pas le cas avec McIntosh. Les enceintes Canton Vento Référence 1 DC, que plusieurs on pu entendre au Festival Son et Image, ont un pouvoir dynamique assez incroyable et une définition du plus haut niveau. Cet ensemble nous comble tant au niveau de l’apparence soignée que de la sonorité. J’ai passé une très belle soirée chez Kébecson et un gros merci à M Guy A. Lefebvre pour sa gentillesse et son dévouement. J’en suis sorti avec le sourire aux lèvres et un peu dépeigné…

Conclusion de Yves Lapage
Lors de cette soirée d’écoute, j’ai eu l’impression d’être au volant d’une voiture puissante qui exige une piste de course pour pouvoir exploiter tout son potentiel. Idem avec ce système. La salle d’écoute ne permettait pas l’exploitation de toutes ses capacités.
Malgré cette remarque, il nous apprivoise très facilement. Il ne fait rien d’agressant et les amateurs de feux d’artifice devront regarder ailleurs. Avec lui, on peut écouter de la musique pendant plusieurs heures sans ressentir de fatigue. Même si elle semble manquer de résolution, la capacité d’extension dans les basses est impressionnante. L’amplificateur McIntosh ne semble jamais manquer de réserve. Les détails sont présents, mais à bas volume, il semble y avoir un léger déséquilibre. Je crois que ce comportement est normal pour une enceinte disposant de deux transducteur de 12 pouces.
Les amateurs ayant une grande salle d’écoute et aimant écouter la musique à bon volume seront comblés par cette chaîne. Même chose pour ceux appréciant la reproduction de l’orgue. Aucun doute dans mon esprit, l’audiophile qui fera l’acquisition d’un système comme celui-là n’aura pas besoin de haut-parleurs de sous grave.

Conclusion de Eric Parenteau
Dans l’ensemble, ce système m’a procuré une écoute agréable, sans fatigue auditive. La dispersion entre les enceintes gauche et droite est suffisamment large pour recréer une bonne image stéréo et permet également de profiter de l’écoute, même si nous ne sommes pas assis en plein centre. La dynamique du système est bonne, ce qui lui permet de reproduire des sons faibles et forts sans problème. Par contre, ce système aurait profité d’un peu plus de rapidité. La reproduction des basses fréquences est généreuse; ici nous pouvions entendre et ressentir le fondement de chaque pièce écoutée. Au niveau du médium, selon l’enregistrement, certaines fréquences semblaient être projetées plus en avant que d’autres. Ceci peut créer une certaine dureté au niveau du timbre des instruments. Chose certaine, nous ne sommes pas en présence d’un système neutre. Il a un son qui évoque le confort et la luxe. Il peut jouer fort et longtemps, sans surchauffe des appareils et sans fatigue de nos oreilles. Il pourrait être approprié pour faire la musique d’ambiance d’une soirée de billard entre amis, pour l’écoute d’un film sur grand écran et même pour écouter de la musique simplement ou en lisant un livre.

23 mai 2006