Air Tight ATC-2 ATM-300
Le passé garant du futur
Si l’on compare le domaine de la reproduction sonore à celui de l’aviation, les deux se divisent en plusieurs catégories d’appareils. Il y a les jets régionaux qui assurent luxe et confort, il y a les vol nolisés pour arriver économiquement à destination, les avions antiques pour les nostalgiques, les avions de chasse qui combinent performance, vitesse et sensations fortes. Et il y a aussi les ultra-légers; avec leur structure minimaliste et leur moteur de quelques chevaux, ils offrent à l’homme la sensation de voler comme un oiseau. C’est à ce type d’aéronef que me font penser les amplificateurs à triodes dont celui évalué dans ce banc d’essai. Avec une poignée de composantes et une puissance de quelques watts, ils proposent une reproduction d’une pureté et d’une transparence étonnantes. Mais tout comme pour les ultra-légers, tout ceci ne va pas sans contraintes.
Un peu d’histoire
A & M Limited est une compagnie établie dans la ville d’Osaka au Japon. Elle a été fondée par Atsushi Miura qui a œuvré jusqu’en 1985 pour Luxman. À l’époque, en tant que directeur général, il a contribué à l’élaboration de produits tels le MQ-60 et le CL-35 qui ont établi la réputation de la marque. A sa retraite, au moment où le transistor était la panacée à tous les problèmes, M. Miura trouva regrettable que les composantes d’amplification exceptionnelles que sont les tubes soient mises de côté. Avec son ingénieur associé Masami Ishiguro, ils élaborèrent donc le premier amplificateur de marque Air Tight, le ATM-1. Plus récemment, de fidèles clients américains leur ont demandé de concevoir un amplificateur Ait Tight utilisant le fameux tube 300B, dont l’un des défis reste l’élaboration d’un circuit unique qui serait différent des configurations courantes utilisant ce tube.
300B, 300B… Qu’a-t-il donc de spécial ce tube-là?
Certes, en cette ère numérique, il est difficile de comprendre que l’anachronisme que représente un tube, datant des années trente en plus, suscite autant de passion. En amplification, une des qualités essentielles est la linéarité qui, tel un pantographe, reproduit sans déformation une copie du signal à plus grande échelle. Et bien, la linéarité de la 300B est exceptionnelle compte tenu de sa puissance. Une autre de ses propriétés est de maintenir des dégradés d’harmoniques constants, peu importent la puissance ou la fréquence. A l’époque, la construction interne était simple et c’est le filament qui servait de cathode, d’où l’expression « Direct heated cathode ». Jusqu’à la fin de la guerre, rien n’égalait la puissance et la longévité des 300A et 300B. Qui aurait cru qu’une pièce développée pour le cinéma parlant serait, près de 70 ans plus tard, au coeur de systèmes haute fidélité haut de gamme.
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