Le convertisseur Maestro d’Audiomat : Le magicien

Audiomat Maestro

KO ! Voici l’état dans lequel m’a laissé ce majestueux convertisseur lorsqu’il s’est mis à livrer la marchandise. Deux lettres. Toutes simples mais bien méritées. KO également pour tous les autres convertisseurs qu’il m’a été donné d’entendre, sans égard de prix. Mais attention, cet appareil défie bien des notions établies et, lors de mes trois premières semaines d’écoutes, j’ai bien failli le retourner au distributeur en lui disant que l’appareil n’en valait pas la peine, que je ne pourrais rien écrire de sérieux à son égard et, surtout, que je ne comprenais pas comment les résultats initiaux pouvaient justifier un déboursé aussi élevé.
Et pourtant j’avais testé différents câbles secteurs, câbles de liaison et j’en passe. Certes, en comparaison directe avec mes deux lecteurs Cds, le Maestro offrait plus de détails, mais il n’avait aucune vie. Plat. Le lecteur sera d’accord avec moi qu’un appareil frisant les 9 000 $ canadiens devrait pouvoir améliorer n’importe quelle chaîne audio sans trop avoir à se soucier de ce qui l’entoure. C’était en tout cas ma réflexion et ma responsabilité en tant que rédacteur.

Pris au piège de la suroptimisation
J’étais quand même surpris. La presse européenne encense le Maestro depuis des années. Je connais aussi la réputation extraordinaire des produits Audiomat. À vrai dire, j’étais vraiment déçu et je croyais sincèrement avoir donné toutes les chances possibles au coureur. Lorsque j’appelai le distributeur pour lui faire part de ma déception et du fait que je ne pouvais publier un banc d’essai sur le Maestro, il passa en revue avec moi certains détails de mon installation. Il détecta immédiatement deux points susceptibles d’être à l’origine des piètres résultats du Maestro.
1. Tout d’abord le Maestro doit absolument reposer sur ses trois pointes intégrées. Dans mon système, le Maestro reposait sur les quatre billes de mon meuble SolidTech.
2. Le Maestro possède une alimentation monstre et tolère mal les filtres de tout acabit. Il était, depuis le début, branché sur mon Hydra 8.
Selon les conseils du distributeur, je glissai donc une planche à découper en érable entre les billes de mon support et les pointes du Maestro. Ceci apporta une amélioration très notable, un gain de plusieurs dB, particulièrement dans les basses fréquences. Mais encore là, la vitalité n’était pas tout à fait au rendez-vous. Et cela ne justifiait toujours pas, à mon avis, le prix demandé pour l’appareil. Je plantai donc la prise de courant directement dans le mur. Pour être honnête, j’étais très, mais alors très sceptique.

KO.
En moins de deux mesures des Études Symphoniques op.13 de Robert Schumann, interprétées par Mikhail Pletnev, j’étais sur le dos. KO en moins de dix secondes du premier round. Le changement était dramatique au plus haut point. Frappé de plein fouet sans avoir rien vu venir.
La métamorphose était si drastique que je mis quelques heures à comprendre ce qui venait de se passer. Et c’est ce que je vais tenter de partager avec vous dans les lignes qui suivent. Je tiens cependant à mettre en garde tous ceux qui chercheront une explication technique à mes propos ; je risque de les décevoir. D’abord parce que l’information technique chez Audiomat est très limitée. Un peu comme pour les secrets bien gardés de l’écurie Ferrari. Et puis, de toute façon, ce sont les résultats qui comptent. Au même titre qu’une Ferrari. Je ne commenterai donc qu’en termes musicaux

23 mai 2006