Studio 1006 présente Exposure & Magnepan

Studio 1006 présente Exposure & Magnepan

Introduction
Les électroniques britanniques de la compagnie Exposure sont un exemple parfait d’austérité et de sobriété. Heureusement, leur finition argentée permet de les égayer quelque peu. Comme pour la majorité des électroniques anglaises, le nombre de contrôles est limité au strict minimum. Sur le lecteur CD, les options de contrôle sont les mêmes que sur les autres produits comparables. Depuis ses débuts, la firme Exposure a basé ses appareils sur des circuits éprouvés et des alimentations très raffinées. Comme pour plusieurs de ses compatriotes, le design est effectué en Angleterre et la fabrication en Asie. Ce qui est de moins en moins un problème à notre avis. Les techniques de fabrication des usines asiatiques sont supervisées par des ingénieurs externes et les ajustements requis sont très rapides. Dans le cas des produits Exposure, la qualité de fabrication est exemplaire. Rien ne laisse paraître les origines.
Les enceintes Magneplanar sont également des plus sobres. Elles sont imposantes et peuvent, dans le cas d’une petite pièce, prendre beaucoup de place. La finition se compose essentiellement de tissus et d’une structure supportant les transducteurs utilisés pour reproduire chacune des bandes de fréquence. Les compromis sur l’esthétique ont permis l’installation de connecteurs d’excellente qualité. Il serait intéressant de voir quels effets cela peut avoir sur la reproduction sonore. Elles semblent stables au sol mais il est très facile de les faire balancer sur leurs pieds d’un mouvement avant-arrière. Le prix demandé est des plus abordables comparé à celui des panneaux d’il y a quelques années.
Il est à noter que notre local d’écoute était de dimensions modestes : 3.65m x 4.25m avec des plafonds à 2.45m ou 8 pieds. En fait, un salon normal avec cependant des trappes acoustiques disposées le long des murs latéraux et dans les coins derrière les enceintes. Celles-ci étaient placées à environ un mètre du mur arrière et distantes l’une de l’autre d’environ deux mètres. Pour le reste de l’ameublement : des étagères, deux fauteuils et une chaise.

Écoute
La musique classique sur ce système est un plaisir. Tout semble naturel, jamais forcé. Il y a une quantité d’information que seuls savent rendre des panneaux comme les Magneplanar. Une rapidité des attaques des instruments à cordes et un respect de la mélodie sont ce que nous retenons de l’écoute de ce type de musique. Le seul bémol pourrait consister en une profondeur et une largeur limitées, bémol qui pourrait être corrigé par un positionnement optimisé dans la pièce.
Sur la pièce Invocation de l’album Beyond Words, la voix de Bobby McFerrin est littéralement suspendue dans les airs. Le réalisme des instruments est stupéfiant. L’interprète utilise sa voix pour meubler de bruits chacune de ses interprétations et grâce à ce système, nous avons découvert quantité d’informations qui n’étaient pas évidentes ou perceptibles sur d’autres.
Le comportement de cette chaîne est exemplaire sur la pièce Deep Water de l’album éponyme de Seal. La première moitié de ce morceau est composée de guitare ainsi que de la voix de Seal. L’instrument est bien détaillé et articulé tandis que la voix est bien sentie et légèrement en avant. La deuxième partie est endiablée, avec beaucoup de basse. Eh bien, nous n’en revenons pas encore! Les panneaux reproduisent ce type de musique avec aplomb et les électroniques Exposure sont capables de dynamique et d’un contrôle que l’on pourrait associer à certaines plus coûteuses.
La pièce Upside Down, de l’album Curious George de Jack Johnson met évidence un problème de résonance de la pièce dû au positionnement des panneaux. Ce morceau, au contenu généreux au niveau du bas médium, peut représenter un défi pour un système. Dans le cas présent, la résonance de la pièce masque quantité d’information musicale. Il ne fait aucun doute dans notre esprit que l’on aurait pu contrôler ce problème en jouant sur la position des panneaux. (Note : nous avons vérifié sur le site de la firme Magneplanar et il y a des solutions pour trouver un positionnement optimisé de tous les panneaux de cette firme, peu importe la grandeur de la pièce).
L’audition de la pièce Animal de Francis Cabrel donne une ampleur de scène rarement rencontrée, avec une énergie et une vivacité nouvelles. L’impact de la basse est rapide et tendu. Le médium est détaillé et fluide. La rythmique est sèche et dynamique. L’image stéréo est assez stable et légèrement plus large que le positionnement des haut-parleurs. On a une certaine diffusion du son dans la salle d’écoute sans toutefois la remplir totalement et sans donner l’impression d’être enveloppé par l’ambiance musicale.
Avec le classique du genre « Jazz at the pawnshop » sur la version XRCD du disque Proprius, le morceau Limehouse Blues nous transporte dans un club en 1976. On entend les bruits de vaisselle et les éclats de voix avec un naturel rarement rencontré et quand la musique démarre, on a vraiment un quintette de jazz devant nous.
Autre pièce révélatrice, l’extrait de la Suite du Lac des Cygnes de Tchaïkovsky. Le deuxième mouvement est une valse soulignée de coups de grosse caisse percutants. Pour avoir écouté cette pièce d’innombrables fois, nous devons avouer que la présentation de ce système est des plus convaincantes, avec une ampleur, une image grandeur nature et un impact époustouflants. Peut-être même un peu trop, puisque la dimension modeste de notre local d’écoute laisse percevoir un certain gonflement aux alentours de 80 Hz, certainement dû à la rapidité du grave des panneaux. Mais tout est cependant très tolérable.

Conclusion de Sylvain Gagnon
L’écoute de ce système dans un local aux dimensions modestes s’est avérée révélatrice puisque ses performances au niveau de l’articulation, de l’impact et la grandeur de l’image sont tout à fait surprenantes. Au niveau des électroniques Exposure, à aucun moment avons-nous senti l’intégré manquer de souffle ou de transparence. Évidemment, ses 80W par canal suffisaient aux dimensions de notre salle d’écoute. Ces électroniques sont un parfait exemple de musicalité et de qualité sans poudre aux yeux. Quant aux enceintes, il me semble que quiconque n’a jamais écouté de Magneplanar se doit de le faire au moins une fois dans sa vie, tout en prenant le risque d’en devenir un adepte fidèle, en partant des modèles de base pour arriver aux majestueux MG20, si leur pièce et leur portefeuille le permettent. En bref, l’ensemble Exposure-Magneplanar est dur à battre pour le prix. Croyez-moi.

Conclusion de Yves Lepage
Comment passer sous silence les excellentes capacités dynamiques de l’amplificateur intégré Exposure. Il a de la réserve à revendre et n’a aucun problème à alimenter la charge difficile que peuvent représenter les Magneplanar. Il s’agit d’un autre exemple qui prouve que les amplificateurs intégrés d’aujourd’hui sont capables d’un niveau de performance se rapprochant d’appareils séparés. Grâce à la résolution du lecteur CD, il est possible de distinguer les moindres petits détails d’interprétation. Le positionnement des musiciens dans l’espace est des plus plausibles.
Les Magneplanar sont à mon avis l’élément clé de cette chaîne. J’ai été surpris d’entendre une basse définie que plusieurs haut-parleurs conventionnels ne peuvent reproduire. La quantité d’information et la texture des instruments sont de haut niveau. Leur positionnement devra faire l’objet d’une optimisation particulière dans une petite pièce. J’imagine que leur performance serait grandement améliorée dans une pièce de grandeur moyenne. Les Magneplanar sont, selon moi, l’un des meilleurs achats dans cette gamme de prix, et même s’il était le double! Les qualités intrinsèques de ces panneaux pourront servir de base pour toutes améliorations futures de ce système.
En conclusion, à près de 10 000$, ce système est un excellent achat pour le mélomane et l’audiophile. Je crois qu’il vaut le déplacement et, pour moi, il figure parmi les trois meilleurs jamais entendus dans cette gamme de prix.

Conclusion de Eric Parenteau
De façon globale, les atouts principaux de ce système sont la dynamique, la définition et la rapidité. Le premier m’est apparu dans les écarts dynamiques d’un orchestre symphonique. Le second m’a semblé plus évident sur les pièces acoustiques et sur les pièces de musique électrique Quant au troisième, il est remarquable sur certains passages complexes où les attaques et autres effets musicaux gardent toute leur vélocité. Avec le vocal, je dirai que tout s’est passé dans la fluidité. Ce système s’est montré très révélateur de la qualité des enregistrements. Par contre, la variété des enregistrements écoutés nous a montré que la salle d’écoute et le positionnement des enceintes étaient très importants pour obtenir de bons résultats. Autre point : peu importe le message musical, simple ou complexe, il a toujours été très facile de suivre le jeu des musiciens. L’amplificateur est toujours resté en parfait contrôle des enceintes et capable de jouer très fort. Bref, comme pour tout système, il est fortement conseillé d’en faire une écoute attentive et, dans l’absolu, chez vous, de l’expérimenter avec différentes positions des panneaux. Cela peut engendrer des différences suffisamment importantes pour affecter une décision. Il serait intéressant également d’écouter les Magnaplanar avec d’autres électroniques ou vice versa. Cependant, il ne faut pas oublier que les membres aguerris de l’équipe du Studio 1006 côtoient ces produits tous les jours avec bonheur. Alors!
Bonne écoute

24 juillet 2006