Vidikron Vision 90 CineWide avec AutoScope : « Supersize-me »

Difficile de discuter cinéma au foyer sans éviter le problème des fameuses bandes noires. Ces deux traces horizontales avaient beau donner un « look cool » aux vidéoclips des années 80, aujourd’hui elles sont néanmoins irritantes pour le visionnement des films à la télévision. Et si on les élimine, une grande partie de l’image l’est aussi! Lorsque la largeur originale est maintenue, la définition de l’image s’en trouve réduite, tout comme l’ampleur des personnages.
Depuis une douzaine d’années, divers fabricants ont d’abord offert aux cinéphiles des rétroprojecteurs, puis des projecteurs et téléviseurs à « écran large ». Ces écrans « widescreen », connus comme étant de ratio 16:9, étaient censés éliminer les bandes noires. Mais surprise! Non seulement ce format ne les élimine pas toujours horizontalement, mais il nous faut en plus en endurer de nouvelles, verticales, de chaque côté, pour regarder les sport, les nouvelles, les téléromans…
Alors le DVD est venu, le premier, à la rescousse des téléviseurs widescreen avec des films offerts en 4:3 Pan & Scan et/ou Widescreen 16:9, et avec des lecteurs possédant une configuration menu optimisée pour ces appareils. Et depuis tout récemment, la concrétisation de la diffusion haute définition offre enfin du matériel tourné en format 16:9. Donc, théoriquement, le problème est réglé, tout le monde est heureux.
Heureux? Pas du tout, quand, après avoir déboursé plusieurs milliers de dollars et en regardant certains films, on voit encore deux minces bandes de dispendieux pixels non utilisés. Est-ce un mauvais réglage dans le menu? Peut-être le vendeur avait-il raison en me disant que mes câbles n’étaient pas assez bons? Le problème, s’il en est un, est pourtant bien évident depuis le début. Les long métrages sont généralement tournés soit en CinémaScope, dont la proportion est de 2.35:1, soit en Panavision à 2.40 :1. Un écran widescreen a un format de 1.78:1. (16 : 9 = 1.78) Pas encore assez large donc… Prenons un écran de téléviseur conventionnel. Son rapport largeur-hauteur est de 4:3 ou 1.33:1. Si on ajoute 33% de largeur, on obtient le format 1.78 :1 qui est celui des écrans larges sur le marché. Et si l’on ajoute encore 33% on obtient quel ratio? 2.35:1. Le format 16 :9 widescreen est donc un compromis à mi-chemin entre la bonne vieille TV NTSC et le grand écran du cinéma.
Alors, on fait quoi? Eh bien chez Runco/Vidikron, les ingénieurs ont tout simplement décidé de faire comme au cinéma. Ils ont muni leurs projecteurs d’une lentille anamorphique. Au cinéma, cette lentille permet de faire passer le ratio de 1.18:1 de la pellicule 35mm à 2.35 :1 en doublant la largeur pour l’écran. Sur le projecteur dont nous avons fait l’essai, c’est une combinaison de traitement numérique et optique de l’image qui donnera enfin sa pleine mesure à l’image.
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