Cohérence spatiale et image sonore : une question de réflexion
Bonjour à vous cher lecteur! Quoi de plus approprié, en pleine saison estivale et après deux premiers articles de nature plus théorique, que de poursuivre notre exploration des phénomènes acoustiques par une expérience sonore pratique à propos de l’influence des réflexions sur la cohérence spatiale de l’image sonore…
Introduction
Au cours des millénaires, le sens de l’ouïe humaine s’est affiné comme un outil de survie. Le sens de l’audition nous permet de savoir si le bruit se rapproche ou s’il s’éloigne, s’il vient de la droite ou s’il vient de la gauche, etc. Cette capacité de pouvoir construire un champ sonore tridimensionnel sur 360 degrés est aussi en action lors de l’écoute d’un spectacle ou pendant l’appréciation musicale du rendu de votre chaîne hi-fi. Or, si cela semble évident dans un environnement ouvert et en pleine nature, il n’en est rien lorsqu’il s’agit de reproduire une image tridimensionnelle cohérente dans une pièce fermée. En effet, la différence est très grande: Produire un son dans une salle d’écoute n’est aucunement comparable à reproduire un son dans une salle d’écoute. Je m’explique: lorsqu’un son est enregistré, l’ensemble des caractéristiques du lieu d’enregistrement est également enregistré en même temps. En fait, ces caractéristiques acoustiques sont indissociables de la performance musicale. Or, dans votre salon, vous voulez entendre les caractéristiques acoustiques d’origine qui accompagnent l’enregistrement, et non celles de votre propre salle de reproduction. C’est toute la différence entre un studio d’enregistrement et un studio de postproduction… En cela, c’est toute la science de l’acoustique de la production sonore et de la reproduction sonore dans les petites, moyennes et grandes salles qui trouve sa raison d’être. Complexe? Presqu’infiniment! Mais bon, simplifions au maximum le phénomène et voyons comment une « simple » expérience de laboratoire peut nous permettre de tirer quelques conclusions pratiques.
Description de l’expérience
Nous procéderons à l’installation d’une source sonore de laboratoire (haut-parleur) qui produira un bruit rose vers une sonde d’intensimétrie. Dans un cas, nous disposerons un panneau de gypse juste derrière la sonde d’intensimétrie, puis dans l’autre cas, nous enlèverons le panneau de gypse pour libérer l’espace arrière (voir fig.1). Ainsi nous verrons l’influence d’une réflexion arrière sur le signal sonore. Les deux réponses sonores ainsi mesurées seront juxtaposées pour fin de comparaison. Mais avant d’aller plus loin, un mot d’abord sur ce qu’est une sonde d’intensimétrie. Elle se distingue des autres capteurs par le fait qu’elle intègre deux microphones sélectionnés pour leur réponse en phase rigoureusement identique (voir fig.2). Ces deux microphones sont ensuite placés l’un en face de l’autre et maintenus à une distance très précise avec un guide qui, selon des algorithmes complexes et des appareils de laboratoire (Data Acquisition et logiciels Brüel & Kjaer), permettent d’extraire les données de direction du phénomène sonore. C’est ainsi qu’une sonde d’intensité nous permet de connaître la direction d’un son ou d’extraire l’intensité du son provenant du devant de la sonde par rapport à celui qui vient de l’arrière.
(la suite dans le magazine)












