Impact et dynamique acoustique
Quand le son se fait bolide de course…
Bonjour à vous cher lecteur, Je vous propose aujourd’hui de continuer notre voyage de vulgarisation de l’univers acoustique en nous penchant (trop brièvement) sur l’un des aspects qui demande le plus de défi technique: la dynamique de l’impulsion acoustique…
L’impulsion acoustique
Imaginez un instant un coup d’impact sur un tambour alors que vous êtes tout à côté. Vos oreilles passent de +-30 dB (valeur du bruit de fond) à 120 dB en une fraction de seconde! (Les lecteurs fidèles se rappellent que nous avions expliqué* la capacité dynamique de l’oreille humaine, à savoir 0-130 dB). Cet écart dynamique percutant (si j’ose faire un jeu de mot facile) se nomme impulsion sonore et équivaut au fameux 0-100km d’accélération d’une voiture.
Acoustiquement, cette impulsion sonore va s’atténuer à mesure que l’on s’éloigne du tambour. Mais qu’est-ce à dire? Cette atténuation est en fait la somme de deux phénomènes bien distincts. Le premier s’exprime par la loi de la propagation de l’énergie : l’énergie sonore (exactement comme l’intensité lumineuse) s’atténue par le carré de la distance. Soit une atténuation de puissance de 6 décibels pour chaque doublement de la distance. Mais ce point n’est pas l’aspect que nous traiterons aujourd’hui. Avec le second phénomène, on remarque que la quantité d’air qui sépare l’auditeur de la source sonore agit tel un amortisseur aplanissant le signal sonore. Pour vous faire comprendre simplement cet effet d’amortissement sur l’impact sonore, imaginez-vous l’effet de l’érosion sur une montagne ou sur une sculpture. L’érosion ne change pas radicalement les formes mais aplanit les aspérités. De même, l’air contenu dans l’espace entre vous et la source sonore ne va pas dramatiquement changer la signature sonore de la source, mais va plutôt éroder ou aplanir (amortir) les pointes des attaques musicales présentes dans l’impulsion sonore. Cet effet d’amortissement est de plus en plus prononcé à mesure que la distance augmente… Pour être plus imagé, disons que lorsque vous êtes tout proche du tambour, vous percevez cette note comme un «Tac» très franc. A mesure que vous vous éloignez du tambour, cette note se transforme en «Pac», puis, plus loin encore, elle devient un «Bac» pour finir en une espèce de «haaac» confus et diffus.
Attention ici à ne pas confondre cet effet d’amortissement acoustique avec le phénomène tout à fait distinct de ce que l’on appelle l’effet diffusant ou réverbérant; le champ diffus et le champ réverbérant découlent de l’interférence des réflexions de la salle (nous y reviendrons dans un prochain article). Bien sûr, l’écoute audio regroupe ces deux réalités, celle de l’amortissement de l’impulsion acoustique et celle de l’interaction des réflexions.
(la suite dans le magazine)












